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Monographie
Monographie : description de la commune.
Celle de Sponville a été réalisée par Mr Gombert instituteur en août 1888. (bibli. muni  Nancy)
Sponville est un petit village du canton de Chambley, de l’arrondissement de Briey, du département de Meurthe et Moselle. Il est composé d’une rue principale orientée du sud- est à l’ouest. Il est traversé dans toute sa longueur par le chemin d’intérêt commun n° 14bis de Chambley à Suzemont.
Sa maison commune est située à l’extrémité ouest du village, elle est bâtie à proximité de la voie publique.
Son église située au centre du village est entourée du cimetière. Cette commune de fondation ancienne compte 284 habitants et a une étendue de 703 ha73 ares 29 c. dont 577,88ha de terres labourables, 88ha93a81 de prés, 26ha82a98 de bois et le reste en jardins et vergers. Elle est limitée au nord par Latour en Woëvre, à l’est par Mars la Tour, au sud par Xonville et à l’ouest par Hadonville sous Lachaussée, toutes localités dont elle est a peu prés également distante de 3 à 4 kilomètres.
Elle ne compte aucune dépendance, soit ferme, hameau, maison isolée.
Son territoire ainsi que celui de la Woëvre dont elle fait partie, est peu accidenté ; l’altitude ne variant que de 240 à 270 mètres.
Il est au point de vu de la constitution physique du sol du plus homogène. Il ne renferme que des terrains argilo-calcaires à l’exception d’un ancien bois défriché, Charmois, composé exclusivement de terres calcaires (terres blanches).
Toutes ses parties, prises suivant les états de section sont désignées par les noms suivants :
Section A 
terres : La grande Fauna, Ventreux, la petite Fauna, la cave, le Hoisu, la croix mère Noël, le Recueillit, la Grenouillère, sur la Grenouillère, More Champ, le Charmois, Haut Chardon, Neulan, la Chemnelle.
Près : la Naue a Neulan, les fosses, a Neulan, les Enseignes, le Prunier, la Truie, sur le ruisseau de Lentille, la Prolotte a Neulan.
Section B
Terres : pièce Ste Anne, côte de Dondaine, fond de champ Naud, les Paillards, pièce Jamin, sur champ Naud, sur Gooprè, la Rappe, Nangonveaux, sur le prè Etelle, petite Prolotte, Breuil Robert, sur le Breuil Robert, au Courbé.
Près : sous la ville, la Roboine, près du coup, sur le prè le prêtre, haut des bulles, la Harelle, la grande Chauvin, grand paquis, Gooprè.
Section C
Terres : au Badées, haut de Champelle, sur les Cuvelottes, sur long prè, les Cuvelottes, la Folie, la Chèvre, pièce Mazelle, Denus de Watichamp, la haie Simon.
Près : Beufrut, long prè, les peux prés, étang Collé, la Nootte, la Folie, prés de Chambley, la Rui de Nootte.
Bois : bois de Sponville.
Le territoire de Sponville est traversé par deux petits ruisseaux :
1° par l’Iron. qui prend sa source à Haumont près de Lachaussée et qui va se jeter dans l’Orne à Conflans.
2° par le ruisseau de Lentille qui ne coule que pendant l’hiver par suite des trop grandes pluies ou de la fonte des neiges ; il va verser ses eaux dans l’Iron à Suzemont.
L’eau y est assez rare ; les sources y sont peu abondantes et la plupart intermittentes, à l’exception toutefois d’une fontaine située à 8oo mètres du village dite fontaine de l’abreuvoir ou pendant l’été la plus grande partie des cultivateurs y vont abreuver chevaux et bêtes à cornes. A un kilomètre du village sur le route de Jonville se trouve un lavoir couvert ou toutes les ménagères vont laver leur linge ce qui leur occasionne une grande gêne et une perte de temps.
Cette commune a une population de 284 habitants ; elle renfermait en 1882 325 habitants ce qui fait un décroissement de 41 habitants. On y compte en moyenne chaque année 4 naissances, 2 mariages et 7 décès d’où l’explication naturelle de décroissement de la population. Il est à présumer  qu’autrefois Sponville était plus peuplé qu’actuellement car de 1717 à 1729 du registre de cure figuraient des les archives municipales en moyenne 12 naissances, 5 mariages et 6 décès.
Les habitants se livrent tous aux occupations champêtres car Sponville comme tous les villages du canton de Chambley est exclusivement agricole ; c’est dire assez combien les mœurs de ses habitants sont simples, leur caractère tranquille. 
Opiniâtres travailleurs, ils ne connaissent que la terre pour laquelle ils sont nés et ne s’entretiennent dans leurs conversations que des champs, du bétail et de la récolte à venir.
Tous, riches comme pauvres, ils attachent une grande importance à l’instruction de leurs enfants car ils les envoient régulièrement en classe. Pendant l’année scolaire 1886- 87 pour un total de 602 élèves ayant fréquenté l’école on ne comptait que 1094 absences, c'est-à-dire moins de 2 absences.
Pendant l’année scolaire 1887-1888 on y trouve 456 élèves et 1362 absences : une moyenne de 3 absences pas élève. Ce qui a occasionné ce nombre d’absence c’est le croup qui a sévi dans la localité.
Avant la loi de 1833 Sponville possédait déjà une école. En 1727 le nommé François Roger, régent d’école figure sur les registres de mariage comme témoin.
En 1770 le nommé Nicolas Boulanger, régent d’école et chantre, figure comme témoin dans un acte de décès ; il y figure encore en 1789. En 1823, le 9 janvier est décédé Jean Remy Gury instituteur à Sponville.
En 1824 Charles Soyeur âgé de 23 ans instituteur à Sponville figure comme témoin dans un acte de naissance ; on l’y retrouve encore en 1834.
En 1838 Hyacinthe Quilloué âgé de vingt six ans instituteur à Sponville est témoin dans un acte de naissance.
En 1841 François Barche élève de l’école normale de Metz  est nommé instituteur à Sponville ; il y a exercé pendant 17 ans : une maladie de caur lui est survenue il a fallu renoncer à l’enseignement. Aujourd’hui il existe encore, il remplit les fonctions de Maire des cette commune depuis 24 ans ce qui prouve que les habitants de cette localité ont confiance dans son administration.
On conserve à Sponville l’ancien assolement.
Assolement triennal : 1° blé ; 2° avoine ; 3° pommes de terre, betteraves, prairies artificielles.
La culture du blé y est l’objet de tous les soins, le sol étant très favorable d’ailleurs c’est ce que dit un vieux dicton populaire : toutes les communes des environs de Chambley sont des ters à bé biai.  Ce qui signifie que toutes les communes des environs de Chambley sont des terres à beau blé.
Dans cet assolement triennal on rencontre moitié de jachères. Le reste est nécessaire à la culture de la pomme de terre et de la betterave. Le morcellement de la propriété y était trop considérable. Il ne se trouve pas de cultures de toutes pièces, ni d’usages particuliers concernant le pâturage et la culture proprement dite.

Questionnaire archéologique et historique
Commune de Sponville
Noms anciens de la commune : néant
Etymologie du nom :
Origine de la commune :
Sponville depuis 1717 jusqu’en 1792 a été régi par 3 curés ainsi que le constatent les registres de cure de baptême, mariage et décès. Le premier appelé Jean Thiry a été prêtre pendant 12 ans, il signait Thiry cure de Neulan Sponville et Xonville.
On a trouvé dans le chœur de l’église de Sponville cette inscription : ici repose Mr Jean Thiry en son vivant prêtre de Neulan Sponville et Xonville, mort après avoir rempli des diverses fonctions sacerdotales à l’age de 89 ans, le 2 février de l’an du salut 1729. Qu’il repose en paix.
De 1729 à 1777 c’est un nommé Thomassin prêtre de Neulan Sponville et Xonville qui lui succède et de 1777 à 1793 un nommé Richard prêtre des mêmes lieux.
En 1793 on trouve Sponville avec une administration municipale.

Monuments primitifs
Monuments gallo-romains

 Il ne se trouve sur le territoire de la commune de Sponville, ni monuments primitifs ni monuments gallo-romains  et on n’y a jamais découvert aucune sépulture primitive.

Monuments du moyen âge, de la
Renaissance et des temps modernes

Avant 1716 Sponville faisait partie de la paroisse de Neulan, ancienne abbaye qui se trouvait entre Sponville et Puxieux et dont il ne reste aucun vestige. Les matériaux de la démolition de cette abbaye ont servi à la construction de l’église actuelle de Sponville bâtie en 1716 ; elle et des plus simple. Une nef sans voûte ni pilier, mesurant 15 mètres de long et 10 mètres de large, un chœur reconstruit en 1884 avec voûte en ogive, 7 fenêtres ogivales dont 3 ornées de modestes vitraux de St Joseph, du sacré cœur et de Marie mère du christ, des fonds baptismaux et des bénitiers tout ordinaires, des portes carrées, un clocher en pierre surmonté d’une pyramide de forme hexagonale et situé à droite de l’entrée de l’église, un cloche avec cette inscription : j’ai été fondue sous l’administration de mr Barche, j’ai été baptisée par mr Blondeau curé, j’ai eu pour parrain Alphonse de Lemuth et pour marraine Dame Barthelemy née Alexandrine Poirson, je me nomme marie. Fondue à Metz en 1874 (Goussel françois).
Telle se compose l’église de Sponville.
Le cimetière entoure l’église ; il ne renferme aucun monument de date ancienne.
La maison commune a été construite en 1836. avant cette époque la commune louait une maison ou l’on donnait durant l’hiver seulement l’instruction à ses enfants. En 1836 elle construit l maison actuelle qui renferme la salle d’école, la mairie, le logement de l’instituteur.
Sponville ne renferme ni anciens châteaux ni maison remarquable par sa construction ou sa décoration.
Mme pector, mère de Mr Pector professeur à l’école normale de Nancy possède une statue de la vierge trouvée dans les ruines du monastère de Dontennes.
Mr Barche, maire de cette localité, possède un porte-montre en bois sculpté d’une hauteur de 40 centimètres. Un anachoute est assis tenant une sablière de sa main gauche. Cet objet est antique.
Certains lieux dits sont remarquables par les établissements qui y existaient jadis.
A Neulan se trouvaient une église et un presbytère totalement détruits et dont il ne reste aucun vestige.
A Dontennes existait un monastère également détruit ; les fossés qui entouraient ce monastère existent encore, en cultivant la terre on y trouve encore quelques ossements.
A quelques 500  mètres de ce monastère existait un village appelé Doncourt qui a été détruit totalement on ne sait en quelle année ; les biens qui appartenaient à cette localité ont été partagés entre les trois villages de Sponville, Jonville (Meuse) et Latour en Woëvre (Meuse).
A la Chauvin il y existait un moulin appelé Tartelle nom qui lui a été donné rapport à la bonne langue qu’avait la propriétaire.

De sa destruction on s’est servi de quelques grosses pierres pour construire le pont de Jonville. En faisant des fouilles pour arracher  de la pierre, on a trouvé à côté de ce moulin un gros chêne enfoui dans la terre. Apres l’avoir retiré on l’a fait scier pour en faire des bancs à la fontaine du lavoir.
Il ne se trouve aucune fontaine, puits, pierres, arbres consacrés par des idées religieuses ou des pratiques superstitieuses. Il n’y a aucun usage particulier, croyance, superstition, cérémonie religieuse ou civile relative aux mariages aux décès.
Il existe encore des superstitions chez les bonnes vieilles gens qui attribuent encore une vertu néfaste à l’araignée vue le matin, à la salière renversée au commencement du repas, aux fourchettes mises en croix par mégarde, à la vue d’une pie, au vendredi, au nombre 13. Cependant ces superstitions n’ont aucun caractère  local puisqu’elles ont libre cours dans presque toute la France. Aucun événement notable ne s’est produit dans la commune antérieurement au xix° siècle ; elle n’a donné naissance à aucun homme célèbre.
Les habitants de Sponville ont toujours vécu de la vie champêtre aussi il n’a jamais existé de corporation de métiers ; point de registre ou procès-verbal ayant de rapport à ces corporations.
Il ne se trouve encore actuellement ni industrie, ni fabrique, ni usine, ni atelier.
Il ne se trouve à la mairie aucun document ancien, aucune pièce relative à l’histoire du pays.
       
                                                                            Sponville  août 1888
                                                                                L’instituteur
                                                                                Signé Gombert.    
  
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